5G : se priver de Huawei pourrait coûter 55 milliards  d’euros à l’Europe

5G : se priver de Huawei pourrait coûter 55 milliards d’euros à l’Europe

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Alors que la France s’apprête à supprimer l’ensemble des zones blanches du territoire d’ici 2020, à peine la 4G déployée dans le pays depuis 2012, internet est tout prêt d’entrer dans une nouvelle révolution avec la cinquième génération (5G).

Car si la 4G a modifié notre rapport à l’internet au quotidien, la 5G risque d’avoir l’effet d’un raz de marée dans nos vies avec des rythmes dix à vingt fois plus rapide que la 4G actuelle.

Oubliées les interminables latences… Reste à savoir qui va déployer le premier cette 5G et rafler la mise. A ce jeu-là, Huawei s’est positionné parmi les leaders. Mais le géant chinois provoque autant de fascination que d’interrogations, pour ne pas dire de peur

Pour les Etats-Unis, c’est non !

Car c’est une crainte récurrente. Faut-il accepter de voir Huawei s’installer durablement dans la plupart des pays occidentaux à travers la 5G ? Pas question pour les Etats-Unis qui refusent catégoriquement de laisser entrer l’opérateur chinois sur ses terres. 

Pour les USA comme nombre de pays, le risque est trop important en matière de transferts (et possible vols) de données. Huawei se défend de ces soupçons d'espionnage au profit du gouvernement chinois. Il n’empêche, les Etats-Unis, tout comme l’Australie ou le Royaume Uni par exemple ont annoncé qu'ils se passeraient des équipements chinois. 

Or, selon l'Association mondiale des opérateurs (GSMA), si Huawei et d'autres entreprises chinoises sont bannies du déploiement de la 5G en Europe, cela pourrait coûter 55
milliards d'euros et 18 mois de retard !

Huawei et ZTE détiennent 38% du marché européen

Aujourd’hui, les deux équipementiers chinois Huawei et ZTE pèsent 38% du marché des équipements télécoms en Europe (28% pour Huawei, 10% par ZTE), un peu plus de 50% étant aux mains du Finlandais Nokia et du Suédois Ericsson (autour de 25% chacun).

La France pourrait être un peu plus épargnée par ce surcoût puisque qu’Orange ou Free n'utilisent pas d'équipements Huawei, au contraire de SFR et Bouygues Telecom qui passent par des antennes Huawei dans une partie de leur réseau 4G. 

En se désengageant de Huawei, remplacer les équipements entraînerait donc environ 18 mois de retard dans la mise en oeuvre, sans compter les coûts du à ce changement. En cas d'interdiction de Huawei, 25% de la population européenne serait couverte en 5G en 2025 contre 40% sans interdiction, alors qu'environ 55% de la population américaine disposera de la 5G à la même date, selon les auteurs de l’étude de la GSMA. 

Aujourd’hui, la plupart des Etats européens n'ont pas pris de position formelle en faveur d'une interdiction, ou non, d'équipements Huawei dans les réseaux 5G. La décision risque de faire de sacrés remous. Retour aux temps de latence ?

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