Facebook, futur empire de morts-vivants !

Facebook, futur empire de morts-vivants !

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Il n’est jamais facile pour les proches de devoir gérer l’après. Aujourd’hui, à l’ère du numérique, outre l'organisation des obsèques, les familles doivent s’occuper d’un nouvelle tâche : la gestion de ses comptes sur les réseaux sociaux du défunt. Et comme il est assez rare que la personne décédée s’en soit préoccupée avant, cela peut vite devenir un casse-tête. Certains réseaux sociaux proposent néanmoins des fonctionnalités relatives à la gestion des données après la mort. Comme Facebook où, au rythme des abonnés (et des décès) pourrait se retrouver un jour avec plus de morts que de vivants sur son réseau !

1,4 milliards d’abonnés mourront d’ici 2100 

C’est incroyable mais bien vrai. Tout du moins si l’on se fie à l’étude de Hachem Sadikki, statisticien de l'université du Massachusetts. D’après ses stats, il y aura plus de morts que de vivants sur le réseau social de Mark Zuckerberg d'ici à 2070. Le nombre d’utilisateurs décédés sur Facebook sera donc plus important que celui d’internautes vivants d’ici à cinquante ans.

Pour affirmer, les chercheurs se sont basés d’une sur des données de l’ONU concernant le nombre de personnes dans le monde, d’autres part sur les outils d’estimation d’abonnement sur Facebook. “Notre analyse prédit que, d’après le nombre d’utilisateurs actuel de Facebook en 2018, sur les 2,3 milliards de membres actifs mensuels actuellement, au moins 1,4 milliard d’entre eux mourront d’ici 2100”, expliquent les scientifiques. Si l’on suit ce scénario, les morts dépasseront donc les vivants en 2070”.


Des milliards de données à contrôler

Si tout ceci est finalement assez logique (et effrayant…), les chercheurs d’Oxford Internet Institute n’ont pas réalisé cette étude dans le but de choquer les internautes. Mais plutôt de soulever la question sur les enjeux de protection et de contrôle des données des morts sur Internet. Car il est tout aussi choquant de voir des invitation à souhaiter l’anniversaire d’une personne… décédée.


“Il est important que l’accès à ces données historiques ne soit pas réservé à une seule entreprise privée”, explique ainsi David Watson, coauteur du rapport, dans un communiqué. Alors que faire ? Facebook a été l’un des premiers, il faut le reconnaître, à proposer aux familles et proches des options pour gérer le compte d’un défunt. Chaque utilisateur peut aussi choisir un “légataire” de son compte en cas de décès.

Lequel peut supprimer la page ou la transformer en espace d’hommage numérique. Mais cela est-il suffisant ? “Facebook devrait inviter des historiens, des archivistes, des archéologues et des ethnologues afin de réfléchir ensemble aux manières de récupérer ces très nombreuses données que nous laissons derrière nous lorsque nous mourrons”, conclut David Watson.

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