La difficile transition vers le protocole IPv6

La difficile transition vers le protocole IPv6

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Personne ne le connaît vraiment alors que tout le monde l’utilise. L’IPv4 (Internet Protocol version 4) permet ainsi, depuis 1983, à internet de fonctionner. Chaque terminal sur le réseau internet (ordinateur, téléphone, serveur etc.) possède ainsi une adresse IPv4, offrant un espace d'adressage de près de 4,3 milliards d'adresses IP.

Or, le succès d'internet et la multiplication des objets connectés ont eu comme conséquence directe l'épuisement progressif des adresses IPv4. A la date de fin juin 2018, les quatre principaux opérateurs français (Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR) ont ainsi déjà affecté entre environ 88% et 99% des adresses IPv4 qu’ils possèdent, à fin juin 2018. Comment y remédier ? Comment trouver de nouvelles ressources de fonctionnalités ? En utilisant l’IPv6 qui offre une quasi-infinité d’adresses : 667 millions d’IPv6 pour chaque millimètre carré de surface terrestre.

A priori, rien de plus facile donc. Sauf que d’après l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), si la migration d’IPv4 vers IPv6 a démarré en 2003, elle est en retard. D’autant plus que la date de fin de disponibilité de l’IPv4 en Europe est estimée à fin 2021. La migration de tous les acteurs de l’internet vers le protocole IPv6 est donc urgente et indispensable selon le gendarme des télécommunications de l’Etat.

Or, cette année encore, l’Arcep a constaté que la majeure partie des acteurs n’envisagent pas un déploiement qui permettrait d’avoir terminé la migration vers IPv6 à moyen terme. Ce retard est particulièrement marqué du côté des hébergeurs - où seuls 5% des serveurs mail et 16% des trois millions de sites web des noms de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf sont à ce jour accessibles en IPv6 - et du côté des opérateurs, notamment mobiles.

Les opérateurs passés au crible

Dans son rapport publié via un communiqué l’Arcep note notamment que si 100% des clients SFR sont déjà compatibles sur le xDSL et le FTTH (0% sur le câble), moins de 1% d’entre eux sont activés - c’est-à-dire émettent et reçoivent effectivement en IPv6. Les activations à venir, bien qu’en hausse par rapport aux dernières annonces de l’opérateur, demeurent insuffisantes (25-30% à mi-2021). Quant aux réseaux mobiles, SFR prévoit moins de 10% de clients activés à mi-2021.

Dans son communiqué, l’Arcep souligne néanmoins les efforts de déploiement de Bouygues Telecom sur les réseaux mobiles, mais regrette la chute des prévisions de migration sur les réseaux fixes : 40 à 50% de clients activés sont prévus à horizon mi-2021, contre 75 à 85% annoncés à fin 2020 dans le précédent baromètre.

Enfin, sur les réseaux fixes, les taux actuels de clients activés de Free et Orange sont relativement élevés (respectivement 50% et 45%), mais les projections sur le même indicateur à mi-2021 ne permettent pas d’achever la transition à moyen terme (entre 75 et 85%* pour les deux FAI). Sur les réseaux mobiles, le taux de clients activés prévu par Orange à mi-2021 est en hausse mais demeure limité (25-35%). L’Arcep regrette pour conclure que Free Mobile ne lui ait pas transmis ses prévisions.

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